
Une assurance emprunteur peut prévoir la prise en charge de vos mensualités en cas d’incapacité de travail, sans pour autant intervenir dès le premier jour de votre arrêt. Entre la survenue du sinistre et le début de l’indemnisation, une période appelée délai de franchise peut laisser plusieurs échéances de crédit entièrement à votre charge.
Une franchise de 90 jours signifie, selon les modalités précises du contrat, que l’indemnisation peut ne commencer qu’après trois mois environ d’incapacité reconnue. Pendant ce temps, votre banque continue normalement de réclamer les remboursements prévus au prêt. La difficulté ne tient donc pas seulement au prix de l’assurance, mais aussi à votre capacité à faire face à une baisse de revenus.
Le bon contrat dépend de votre épargne, de votre protection professionnelle, de la quotité assurée et des conditions d’indemnisation. Les règles et références institutionnelles présentées ici concernent principalement la France : les autres pays francophones peuvent appliquer des dispositifs sociaux et juridiques différents.
Franchise d’assurance emprunteur : les trois points essentiels
- Une franchise plus longue peut diminuer la cotisation, mais augmente la période pendant laquelle vous devez financer vous-même les mensualités.
- Le budget à prévoir dépend du crédit, de votre perte effective de revenus et du délai nécessaire au règlement du sinistre.
- La franchise, le délai de carence et le mode d’indemnisation doivent être comparés séparément pour chaque garantie.
- Pourquoi une franchise de 90 jours peut-elle coûter moins cher qu’une franchise plus courte ?
- Comment prévoir son budget pour supporter plusieurs mois de franchise ?
- Franchise courte ou longue : laquelle choisir avec peu d’épargne de sécurité ?
- Pourquoi confondre franchise et délai de carence peut-il fausser votre comparaison d’assurance ?
- Quand une franchise plus longue devient-elle acceptable pour réduire le coût de l’assurance ?
- Indemnisation forfaitaire ou indemnitaire : quelle formule protège mieux vos mensualités ?
- Quand contrôler les délais de carence avant de remplacer son assurance emprunteur ?
- Comment le délai de carence affecte-t-il la protection au début d’une assurance emprunteur ?
Pourquoi une franchise de 90 jours peut-elle coûter moins cher qu’une franchise plus courte ?
Une franchise de 90 jours peut rendre l’assurance emprunteur moins chère parce qu’elle limite le nombre de sinistres donnant effectivement lieu à indemnisation et réduit les périodes potentiellement couvertes. En contrepartie, l’assuré supporte davantage de mensualités avant toute intervention. L’économie dépend des tarifs proposés et ne compense pas nécessairement le reste à charge lorsqu’un arrêt survient.
Pour l’assureur, une franchise longue signifie notamment qu’un arrêt de travail de courte durée peut s’achever avant le déclenchement de la garantie. Une franchise de 30 jours peut, à l’inverse, conduire à une prise en charge plus précoce si l’incapacité remplit les conditions contractuelles.
Ce mécanisme peut justifier une différence de cotisation, mais il n’existe pas de réduction universelle attachée à une franchise de 90 jours. L’âge, les garanties, la profession, la quotité et les règles de tarification interviennent également. Les informations d’ABE Infoservice sur l’assurance emprunteur rappellent l’importance de comparer le coût global et les modalités concrètes de prise en charge.
Une simulation permet de distinguer deux montants : les cotisations économisées dans la durée et les mensualités qu’il faudrait avancer pendant une incapacité. Il ne s’agit pas de deux dépenses automatiquement équivalentes : le premier montant est prévisible selon le contrat, tandis que le second dépend de la survenue et de la durée d’un sinistre.
Simulation hypothétique : 30 jours contre 90 jours
Pour un crédit de 1 000 € par mois, une franchise de 30 jours représente approximativement une mensualité avant indemnisation, contre trois mensualités avec une franchise de 90 jours. L’écart théorique atteint donc environ 2 000 €, sous réserve des dates d’échéance et des clauses applicables.
Si l’offre à 90 jours coûte 8 € de moins par mois, elle représente 96 € d’économie annuelle, soit 960 € sur dix ans à cotisation constante. Ces montants sont fictifs : ils servent à comparer une économie certaine de primes avec un risque financier conditionnel, sans prédire la fréquence des sinistres.
Le calcul simplifié consiste à multiplier la mensualité par le nombre approximatif de mois de franchise, puis à comparer les offres à garanties, quotité et mode d’indemnisation équivalents. Il faut également tenir compte du fait qu’une incapacité plus courte que la franchise peut ne donner lieu à aucun versement.
En France, un changement d’assurance de prêt immobilier peut permettre de comparer de nouvelles franchises, sans garantir qu’une autre durée sera disponible ou acceptée par la banque.
Une cotisation attractive ne constitue donc un avantage réel que si le délai choisi reste compatible avec votre situation financière en cas d’arrêt prolongé.
Comment prévoir son budget pour supporter plusieurs mois de franchise ?
Pour financer une franchise de plusieurs mois, estimez d’abord vos échéances de crédit et vos dépenses indispensables, puis soustrayez les revenus de remplacement réellement mobilisables pendant l’arrêt. Ajoutez une marge pour les délais administratifs et de paiement de l’assureur. Le montant à provisionner doit correspondre à votre besoin de trésorerie, pas seulement à la durée affichée de la franchise.
La première étape consiste à identifier les revenus qui pourraient continuer à être perçus. Pour un salarié français, il peut s’agir des indemnités journalières de l’Assurance Maladie, d’un maintien de salaire par l’employeur ou d’une prévoyance collective. Ces dispositifs ne s’appliquent pas automatiquement à tous les profils ni dans les mêmes proportions.
Selon les informations de l’Assurance Maladie sur les indemnités journalières, celles-ci compensent partiellement la perte de rémunération, sous conditions. Dans le cas général de l’arrêt maladie d’un salarié, elles sont dues après trois jours de carence et versées après traitement du dossier, puis tous les 14 jours en moyenne.
Ce délai propre à l’Assurance Maladie ne doit pas être confondu avec celui de l’assurance emprunteur. Les deux protections fonctionnent selon des règles différentes.
Dans un second temps, établissez un calendrier de trésorerie. Le jour où la franchise contractuelle se termine n’est pas forcément celui où l’argent sera versé : l’assureur peut devoir examiner les pièces médicales et administratives avant de régler les sommes dues. Ce traitement ne signifie pas nécessairement que la période postérieure à la franchise sera exclue de l’indemnisation.
Exemple hypothétique de réserve financière
Un foyer rembourse 1 200 € de crédit et supporte 1 600 € de dépenses essentielles chaque mois. En cas d’arrêt, ses revenus disponibles tomberaient temporairement à 1 500 € mensuels.
Son déficit de trésorerie serait de 1 300 € par mois. Sur trois mois, il atteindrait 3 900 €, auxquels il faudrait ajouter une réserve pour les décalages de versement. Ce calcul suppose des revenus et dépenses constants ; il ne préjuge pas du montant finalement dû par l’assurance.
Le contrat doit ensuite être examiné pour identifier la date de prise d’effet de la garantie, le point de départ exact de la franchise, les justificatifs exigés et les critères de reconnaissance de l’incapacité. Selon les clauses, le décompte peut dépendre d’une date médicale ou administrative définie.
Préparer votre budget de franchise en cinq actions
- Notez chaque mensualité du prêt et sa date de prélèvement dans un calendrier des échéances.
- Recensez les indemnités, salaires maintenus et prestations de prévoyance attendus dans un tableau mensuel des revenus.
- Calculez les dépenses essentielles et le déficit prévisionnel de chaque mois dans un budget de trésorerie.
- Relevez la date de départ de la franchise, sa durée et les justificatifs obligatoires dans une fiche contractuelle.
- Ajoutez un scénario de paiement différé et fixez le montant de réserve immédiatement mobilisable dans un plan d’épargne de sécurité.
Cette préparation rend également le choix de franchise plus concret : une durée acceptable pour un foyer disposant de plusieurs revenus peut devenir dangereuse pour un emprunteur dont les ressources s’interrompent rapidement.
Franchise courte ou longue : laquelle choisir avec peu d’épargne de sécurité ?
Avec peu d’épargne de sécurité, une franchise courte est généralement plus protectrice, car elle limite la durée pendant laquelle vous devez payer le crédit sans indemnisation de l’assureur. Son coût mensuel peut être supérieur, mais ce supplément doit être comparé au risque d’impayés. La durée appropriée dépend aussi du maintien de vos revenus et de votre situation familiale.
Trois éléments permettent de décider : le montant d’épargne réellement disponible, la stabilité des revenus pendant un arrêt et l’existence éventuelle d’un second revenu capable de financer le crédit. Une épargne immobilisée ou réservée à d’autres dépenses urgentes ne constitue pas nécessairement une protection mobilisable.
Pour un foyer reposant sur un seul salaire et ne possédant qu’une petite réserve, plusieurs mensualités successives peuvent rapidement devenir difficiles à honorer. Un retard expose à des conséquences contractuelles et peut nécessiter une négociation avec la banque. À l’inverse, un foyer bénéficiant d’un maintien de salaire suffisamment long pourra parfois assumer une franchise plus élevée.
La comparaison peut s’effectuer à partir de la grille suivante, sans considérer les profils comme des règles automatiques.
| Situation | Franchise courte | Franchise longue |
|---|---|---|
| Épargne faible et revenu unique | Généralement préférable | Risque de trésorerie important |
| Maintien de salaire limité | Réduit la période exposée | Nécessite une réserve complémentaire |
| Deux revenus stables | Protection plus précoce | Envisageable si le second revenu suffit |
| Épargne couvrant plusieurs mois | Reste protectrice | Peut être étudiée pour réduire les primes |
Pour un travailleur indépendant ou un professionnel libéral, l’analyse exige une attention particulière. Une interruption d’activité peut réduire immédiatement le chiffre d’affaires, sans produire exactement le même effet sur le revenu net. Le régime social, les charges fixes et les garanties de prévoyance professionnelle doivent donc être étudiés individuellement.
Plutôt que d’opposer exclusivement 30 et 90 jours, demandez plusieurs simulations lorsque l’assureur propose des durées intermédiaires ou modulables. Vérifiez également si les montants et conditions de prise en charge demeurent comparables : une franchise plus courte n’est pas utile si une exclusion importante empêche l’application de la garantie.
La priorité reste de maintenir les échéances du crédit dans un scénario défavorable réaliste, avant de rechercher la cotisation la plus faible.
Pourquoi confondre franchise et délai de carence peut-il fausser votre comparaison d’assurance ?
Confondre franchise et délai de carence peut conduire à surestimer votre protection. La franchise reporte le début de l’indemnisation après un sinistre relevant d’une garantie applicable. Le délai de carence désigne une période initiale durant laquelle certaines garanties ne couvrent pas encore les événements concernés. Deux contrats affichant la même franchise peuvent donc offrir des protections initiales très différentes.
La distinction repose sur le moment où chaque délai intervient. Une franchise est habituellement décomptée à partir d’un événement défini au contrat, tel qu’un arrêt de travail. Un délai de carence ou d’attente est généralement rattaché à l’entrée en vigueur de la couverture concernée.
| Critère | Franchise | Délai de carence |
|---|---|---|
| Point de départ | Événement prévu au contrat | Début contractuel de la période d’attente |
| Effet principal | Reporte le début de l’indemnisation | Diffère la protection pour certains événements |
| Risque financier | Mensualités à financer avant la prise en charge | Absence possible de couverture pour un sinistre survenu pendant l’attente |
| Vérification | Durée, décompte et modalités de versement | Garanties concernées, durée et exceptions |
Imaginons, à titre purement pédagogique, deux assurances comportant chacune une franchise incapacité de 90 jours. La première protège immédiatement contre les événements admissibles ; la seconde prévoit une période initiale d’attente sur certains risques. Si un sinistre se produit pendant cette période, les conséquences peuvent être radicalement différentes, malgré une franchise identique.
Il faut aussi éviter de généraliser une clause à toutes les garanties. Le décès, la perte totale et irréversible d’autonomie (PTIA), l’incapacité temporaire de travail, l’invalidité permanente et la perte d’emploi peuvent relever de modalités différentes. L’existence d’un délai de carence sur l’une ne prouve pas son application aux autres.
Une lecture rigoureuse consiste donc à relever, pour chaque garantie, la date d’effet, les délais, les exclusions, les conditions médicales et la quotité couverte. Dans certains contrats, une restriction peut également dépendre de la cause du sinistre plutôt que d’un simple délai global.
Une fois les périodes de protection clarifiées, il devient possible de déterminer si un allongement de franchise constitue réellement un compromis financier acceptable.
Quand une franchise plus longue devient-elle acceptable pour réduire le coût de l’assurance ?
Une franchise plus longue devient envisageable lorsque vos ressources permettent de financer les mensualités et les dépenses indispensables pendant toute la période sans indemnisation, y compris en cas de retard de paiement de l’assureur. Elle peut présenter un intérêt financier si l’économie de cotisation est significative et si le contrat maintient une protection adaptée aux risques que vous souhaitez couvrir.
Le premier profil concerné est celui d’un emprunteur disposant d’une épargne suffisamment liquide. Cette réserve doit rester disponible même après d’autres dépenses imprévues. Un salarié bénéficiant d’un maintien de salaire prolongé peut également être moins exposé, à condition de connaître précisément les règles de son entreprise et de sa prévoyance.
La durée restante du prêt mérite aussi d’être examinée. En fin de remboursement, le capital restant dû est généralement plus faible, ce qui peut modifier l’enjeu des garanties décès et PTIA. Mais cela ne signifie pas qu’une franchise incapacité soit automatiquement moins pénalisante : si la mensualité reste identique, le coût mensuel de l’absence d’indemnisation ne diminue pas nécessairement.
En revanche, le nombre d’échéances restant à payer peut limiter l’exposition totale. Un emprunteur qui approche de la dernière mensualité ne se trouve pas dans la même situation qu’un ménage ayant encore de nombreuses années de remboursement.
Le calcul doit privilégier la résistance financière à un scénario défavorable plutôt qu’une estimation non documentée de la probabilité d’arrêt maladie. Il faut notamment se demander si un arrêt suffisamment long pour franchir le délai pourrait épuiser la réserve du foyer avant l’arrivée des premiers versements.
Une franchise longue n’est pas non plus nécessairement adaptée à vie. Les revenus, la composition du foyer, l’épargne et le montant restant dû changent. Une nouvelle comparaison des contrats peut alors s’avérer pertinente, sous réserve des conditions de souscription et des exigences du prêteur.
Avant de retenir une économie de prime, il reste toutefois à vérifier combien l’assurance verserait réellement après la franchise.
Indemnisation forfaitaire ou indemnitaire : quelle formule protège mieux vos mensualités ?
L’indemnisation forfaitaire protège généralement mieux la prévisibilité du remboursement du crédit, car elle repose sur l’échéance assurée dans les limites contractuelles. L’indemnisation indemnitaire dépend de la perte de revenus reconnue et peut tenir compte d’autres prestations. Après la franchise, deux contrats couvrant le même emprunteur peuvent donc verser des montants différents.
Dans une formule forfaitaire, l’assureur détermine sa participation à partir de la mensualité couverte, de la quotité et des limites du contrat. Les indemnités journalières ou le maintien de salaire ne réduisent pas nécessairement cette prise en charge. Le montant n’est cependant pas illimité et les critères d’application de la garantie restent déterminants.
Dans une formule indemnitaire, le versement est lié à la perte financière effective. Si des revenus de remplacement compensent une grande partie du salaire habituel, le montant versé par l’assurance emprunteur peut être inférieur à celui attendu dans une formule forfaitaire.
Cette différence devient particulièrement importante au terme de la franchise. Dans les deux cas, l’emprunteur a dû supporter la période initiale. Mais ensuite, une indemnisation forfaitaire admissible peut couvrir la part de mensualité prévue au contrat, tandis qu’une formule indemnitaire peut ne compenser qu’une fraction de la perte de revenus.
Illustration hypothétique : même franchise, versements différents
Supposons un crédit de 1 000 € par mois, assuré à 100 %, et deux contrats avec une franchise identique. Le premier prévoit, dans ce scénario, une indemnisation forfaitaire intégrale de l’échéance admissible. Le second calcule le versement sur une perte de revenus reconnue de 600 €.
Après la franchise, le premier pourrait verser 1 000 € et le second 600 €, si toutes leurs autres conditions sont remplies. Ces chiffres sont construits pour illustrer les mécanismes et ne représentent pas un résultat garanti ni une proposition commerciale réelle.
Le choix ne doit pas reposer sur le seul prix. Une formule indemnitaire peut être étudiée lorsque les revenus de remplacement assurent déjà une couverture suffisante, mais sa combinaison avec une franchise longue mérite une simulation attentive. Si l’objectif principal est de sécuriser le montant de la mensualité, la formule forfaitaire peut être privilégiée, sous réserve des plafonds et exclusions.
Ces vérifications prennent une importance supplémentaire lorsque vous envisagez de remplacer une assurance existante, car les conditions de la nouvelle couverture doivent aussi être examinées dans le temps.
Quand contrôler les délais de carence avant de remplacer son assurance emprunteur ?
Les délais de carence doivent être contrôlés avant de demander le remplacement de votre assurance emprunteur, et de nouveau avant que la nouvelle couverture prenne effet. Un contrat moins cher peut comporter des périodes d’attente ou des restrictions différentes. Vérifier ces clauses permet d’éviter qu’une substitution avantageuse en apparence ne dégrade votre protection au moment du changement.
En France, la loi Lemoine permet de changer à tout moment l’assurance emprunteur d’un crédit immobilier, sans frais de résiliation, sous réserve notamment que le nouveau contrat respecte les exigences de garanties de la banque. Les explications du ministère de l’Économie sur le changement d’assurance emprunteur précisent ce cadre et la procédure d’acceptation.
L’accord du prêteur sur l’équivalence des garanties ne doit pas être interprété comme une confirmation que toutes les clauses temporelles sont identiques. Il convient donc de confronter les dates de prise d’effet, les périodes de carence, les franchises et les exclusions applicables à l’incapacité, à l’invalidité et aux autres garanties exigées.
La vérification doit également porter sur les causes possibles de sinistre. Certaines conditions contractuelles peuvent traiter différemment des pathologies préexistantes, des affections dorsales ou des troubles psychiques. Une période d’attente générale ne résume donc pas nécessairement toutes les restrictions.
Pour sécuriser la substitution, rassemblez les conditions du nouveau contrat, la fiche personnalisée précisant les garanties exigées par la banque et la décision d’acceptation du prêteur. Faites confirmer par écrit la date d’effet de la nouvelle assurance et les éventuelles limites initiales, puis coordonnez la fin de l’ancienne couverture conformément à la procédure applicable. L’objectif est d’éviter toute interruption involontaire de la protection.
Le changement d’assurance ne garantit ni une nouvelle franchise librement choisie ni une baisse des cotisations. La comparaison doit porter sur l’ensemble des garanties réellement proposées et acceptables.
La dernière étape consiste à comprendre comment les garanties fonctionnent pendant les premiers mois du nouveau contrat, période où les différences entre offres peuvent être particulièrement sensibles.
À retenir avant de choisir une assurance
- La signature du contrat ne signifie pas nécessairement que toutes les garanties sont applicables sans restriction dès cette date.
- Les documents contractuels doivent permettre d’identifier séparément la prise d’effet, la carence et la franchise de chaque garantie.
- Une comparaison fiable associe les montants de couverture à un calendrier précis des périodes potentiellement non garanties.
Comment le délai de carence affecte-t-il la protection au début d’une assurance emprunteur ?
Le délai de carence peut limiter la protection d’une assurance emprunteur pendant ses premiers mois d’application. Lorsqu’une garantie prévoit une période d’attente, certains sinistres survenus pendant cette période peuvent ne pas être couverts, même si les cotisations sont déjà dues. La portée de cette restriction dépend des garanties concernées et des clauses exactes du contrat.
L’assurance emprunteur ne constitue pas nécessairement un ensemble de garanties prenant toutes effet dans les mêmes conditions. La garantie décès est souvent applicable dès la prise d’effet prévue, sous réserve de ses exclusions, tandis que certaines garanties d’incapacité, d’invalidité ou de perte d’emploi peuvent comporter des restrictions temporelles spécifiques.
Le délai de carence est particulièrement important pour un emprunteur qui vient de changer de situation professionnelle. Une reconversion, une création d’entreprise ou une modification du statut d’emploi peut affecter les garanties auxquelles il est éligible. Une maladie ou un problème de santé récent peut également nécessiter une lecture attentive des exclusions et des conditions relatives aux antécédents médicaux, sans qu’il soit possible de présumer qu’une période de carence s’applique systématiquement.
Pour comprendre l’effet concret de ce délai, il faut distinguer trois dates : la prise d’effet du contrat, la date à partir de laquelle la garantie concernée devient applicable et la date éventuelle du sinistre. Une incapacité débutant après la fin d’une période de carence peut encore être soumise à une franchise avant toute indemnisation.
Il serait toutefois incorrect d’additionner systématiquement la carence et la franchise pour annoncer un délai global de remboursement. Ces deux mécanismes ne possèdent pas nécessairement le même point de départ. Surtout, un sinistre survenu pendant une période de carence peut rester exclu, même lorsque cette période est terminée. Seules les clauses contractuelles permettent de déterminer les conséquences précises.
Un tableau de suivi des garanties permet de visualiser les périodes de protection partielle. Voici un modèle à compléter avec les informations de chaque offre, sans présumer des délais effectivement applicables.
| Garantie | Points à relever | Risque à vérifier |
|---|---|---|
| Décès | Date d’effet, exclusions et quotité | Conditions d’application dès le début du contrat |
| PTIA | Date d’effet et critères de reconnaissance | Restrictions éventuelles et conditions médicales |
| Incapacité temporaire de travail | Carence éventuelle, franchise et définition de l’incapacité | Absence de versement ou exclusion selon la date du sinistre |
| Invalidité permanente | Date d’effet, critères d’invalidité et exclusions | Conditions de reconnaissance et périodes non garanties |
| Perte d’emploi, si souscrite | Délai d’attente, franchise et événements admissibles | Absence de couverture pour certains licenciements ou situations professionnelles |
Pour chaque ligne, inscrivez ensuite les dates précises figurant dans les conditions générales et particulières du contrat. Si une clause semble ambiguë, demandez à l’assureur une réponse écrite, notamment sur le traitement d’un sinistre qui commencerait pendant la carence et se prolongerait après celle-ci.
Cette démarche permet de comparer les assurances sur leur protection effective plutôt que sur la seule présentation commerciale des garanties. Elle doit être renouvelée lorsque le contrat change ou que votre situation personnelle modifie les besoins de couverture.
Avant de signer ou de remplacer votre assurance, demandez une confirmation écrite des dates d’effet, des délais applicables et des principales exclusions pour chaque garantie. Conservez cette synthèse avec vos documents de prêt : elle vous permettra de savoir à quel moment vous êtes effectivement protégé et quelles mensualités vous pourriez devoir financer vous-même.
Une franchise de 90 jours signifie-t-elle que l’assurance paiera automatiquement au 91e jour ?
Non. Le début de la période indemnisable dépend des modalités de décompte et des conditions de reconnaissance du sinistre. Le versement effectif peut également intervenir après l’examen du dossier. Il faut distinguer la date à partir de laquelle une indemnité devient due de celle à laquelle elle est effectivement payée.
Les mensualités payées pendant la franchise sont-elles remboursées rétroactivement ?
En principe, une franchise contractuelle exclut l’indemnisation de la période qu’elle couvre. Les mensualités correspondant à cette période ne sont donc normalement pas remboursées. En revanche, les sommes dues pour une période indemnisable postérieure à la franchise peuvent être versées plus tard, après traitement du dossier, selon les conditions du contrat.
Peut-on modifier la franchise d’une assurance emprunteur sans changer de contrat ?
Cela dépend de l’assureur et des dispositions contractuelles. Une modification peut être proposée sous certaines conditions, mais elle n’est pas automatiquement autorisée. En France, pour un crédit immobilier, la possibilité de substituer une autre assurance permet également d’étudier des offres avec des franchises différentes, à condition de respecter les exigences de garanties du prêteur.
La franchise continue-t-elle à courir si l’arrêt de travail est prolongé ?
Lorsqu’un arrêt se prolonge sans interruption et reste admissible au regard du contrat, la période de franchise peut continuer à être décomptée depuis son point de départ contractuel. Toutefois, les règles applicables aux prolongations, aux reprises partielles d’activité et aux rechutes peuvent varier. Il faut vérifier les clauses relatives à la continuité de l’incapacité.
Une assurance emprunteur peut-elle intervenir si l’arrêt de travail dure moins longtemps que la franchise ?
Pour une garantie d’incapacité soumise à une franchise, un arrêt qui prend fin avant l’expiration de celle-ci ne donne généralement lieu à aucune indemnisation au titre de cet arrêt. Les autres garanties doivent être examinées séparément. Il est donc essentiel de comparer les durées de franchise à la protection recherchée contre une interruption courte ou prolongée des revenus.